vendredi 31 mars 2006

Un poème de Jean-François Rousseau

DRINKS & BOATS
à Lucien Suel
31 mars 2005 - SEIX (Ariège - J'y suis, j'y vis.)
49 ans. Today is my day.
L'horloge du bourg sonne 11 heures.
Assis sur le banc mal foutu de la guérite
des bus, j'attends la navette qui me ramènera
chez moi, 10 kms plus loin, en montant sur Guzet-Neige.
(Et zut! Je renverse ma bière. Vraiment bancal,
ce siège.)
« Aujourd'hui c'est mon anniversaire
et le blé ne va pas
pousser dans ma tête
je veux du vin
du vin... du vin »,
clame le poète Jack Micheline (ce nom!).
C'est de circonstance.
Pour me fêter.
Acheté 3 bts de vin (dont 1 blanc)
à l'épicerie. Today is my day.
« et le blé ne va pas
pousser dans ma tête »
. Pour sûr.
Le blé en herbe.
Ni dans mes poches, le blé.
Rien ni personne n'arrêtera le printemps.
Insolence du soleil.
(Mon manteau noir est en trop. Et les poches trouées aussi.
Rien d'idéal à cela : la dèche.)
Les cloches se taisent, il n'est pas 11 h 30 —
la navette est en avance (le chauffeur m'avait
prévenu : 11h 20). Faire signe au conducteur.
Il sourit. Il m'a vu.
Sac à dos chargé (provisions pour quelques jours),
livres sous le bras (empruntés à la bibliothèque),
je cours vers ma table.
Mes papiers secs.
Mon encre fraîche.
Rien d'autre à faire.
Today is my day.
Interdiction de parler au chauffeur :
je lui parle. Nous parlons. On s'en fout.
Et pas de ceinture.
C'est l'Ariège. Ses bons côtés. La montagne.
Je l'écrirai ce poème. Cette lettre.
Je dirai que... Quoi? Je dirai que je suis content.
Mais jamais cette femme que j'aimais ne reviendra.
C'est con.
De quelle couleur, les yeux de notre enfant ?
Impossible à dire.
Beaux. Qui me regardent. Me voient.
Ebloui.
Mais que viennent faire une femme & un enfant
dans « un fleuve de vin rouge » ?
Y tremper leurs lèvres, pardi.
Ah!
Jean-François Rousseau
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mercredi 22 mars 2006

Silo (24) Samuel

Cet homme montait de sa ville, chaque année, pour adorer Yahweh des armées et lui offrir des sacrifices à Silo. 1-3
Anne se leva, après qu’on eut mangé et bu à Silo. 1-9
Elle vint donc à la maison de Yahweh, à Silo, et l’enfant était avec eux. 1-24
Ainsi agissaient-ils envers tous les Israélites qui venaient là, à Silo. 2-14
Et Yahweh continua d’apparaître à Silo, car Yahweh se révélait à Samuel, à Silo, par la parole de Yahweh, et la parole de Samuel parvenait à tout Israël. 3-21
« ... Amenons vers nous de Silo l’Arche d’Alliance de Yahweh : qu’Il vienne au milieu de nous et qu’il nous sauve de la main de nos ennemis. » Le peuple envoya donc à Silo et on apporta de là l’Arche d’Alliance de Yahweh des armées, qui siège sur les Chérubins ; et les deux fils d’Héli, Ophni et Phinées, étaient là avec l’Arche d’Alliance de Dieu. 4-3-4
Un Benjamite accourut du champ de bataille et arriva ce même jour à Silo, les vêtements déchirés et la tête couverte de poussière. 4-12
Achias, fils d’Achibod, frère d’Ichabod, fils de Phinées, prêtre de Yahweh à Silo, portait l’éphod. 14-3
La Bible, Premier Livre de Samuel.

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lundi 20 mars 2006

Mail Art (3) : Pigdada (a.k.a. Baudhuin Simon)


Ceci est la dernière enveloppe reçue en novembre 2005 de Baudhuin Simon, alias Pigdada, mail artist d'Habay-La-Neuve, dans les Ardennes belges, une enveloppe réalisée à partir d'une grave hure sur bois. Nous correspondions depuis une vingtaine d'années. Il avait assisté au concert de Potchük à Liège en 1998 et nous nous étions revus en décembre 2005 à Mouscron à l'occasion de la sortie du livre "Bestiaire en carton" aux éditions de "L'âne qui butine".
Baudhuin est parti pour toujours.
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dimanche 19 mars 2006

Un collage de Claude Pélieu


Pour mémoire, le texte de Claude Pélieu publié ces derniers jours "J'ai passé par là pour venir ici" est extrait du livre "Et vous aurez raison d'avoir tort" disponible dans la Collection du Starscrewer.
Et vous aurez raison d'avoir tort !Un ensemble de textes (1971-1977) de Claude Pélieu, avec une introduction par Arnaud Mirland et des collages inédits de l'auteur.
chapitre 1-- « Passe-moi le sel Marcel, fuck off Adolf ! » The Starscrewer n°3, Montignac, mai 1973.
chapitre 2-- Doctor Leary, what 's the fuck am I doin' in the God 's country pie ? The Starscrewer n°l, Montignac, janvier et février 1973.
chapitre 3-- Debout ! Toulouse-Lautrec ! The Starscrewer n°5, Montignac, 1973.
chapitre 4-- Nous vivons l'histoire dans un cauchemar. The Starscrewer n°007, Berguette, janvier 1978.
chapitre 5-- Raccourci sur le Jugement Dernier. The Starscrewer n°008, Berguette, mars-avril 1978.
chapitre 6-- Amuse-crâne, intersections de Claude Péloquin . Starscrewer n°009/010, Berguette, 3ème trimestre 1978.

chapitre 7-- J'ai passé par là pour venir ici. Ghost Fucker n°spécial pirate hors-série du Phouteur d'Etoiles, Berguette, 1er trimestre 1981.
chapitre 8-- De bas en haut, cut-up & fold-in d’après une communication de Lucien Suel. Sphinx n°7/8, Beaugency, 1979.
Post-scriptum-- Vos gueules, les mouettes, hommage à
Franco Beltrametti. Inédit.
Le magazine Starscrewer a été créé par Bernard Froidefond qui a édité les 6 premiers numéros en 1972-1973. Lucien Suel fut l'éditeur de la revue entre 1977 et 1981.
Ce livre de Claude Pélieu a été édité par la Station Underground d’Emerveillement Littéraire en 1996.
108 pages au format 14/20, dos carré. En 4ème de couverture, portrait photographique de l'auteur à Paris en 1959.
ISBN 2-909834-26-3. 8,20 euros
Tirage de 313 exemplaires (à ce jour, il en reste 97).

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vendredi 17 mars 2006

Claude Pélieu 1977 (3)

J'AI
PASSÉ
PAR

POUR
VENIR
ICI (3)


1963, 1966, 1971, 65 000 km parcourus entre collages et dérives - 1977, tout se réinvente du bout des lèvres, d'un bout à l'autre du monde - blocs d'intersections planétaires tourmentant l'horizon du village global.

Les idéologies ont créé le pouvoir-image, l'homme-image.

J'ai passé quelques jours à Paris... en ce temps-là, c'était la Pologne, la Hongrie, le Portugal en plus petit, tapisserie bâfreuse, jardins à la française, agitation de circonstance, et la Seine, si belle, charriant les vieux pansements - la diarrhée verbale - J'étais à l'hôtel des Américains... quelques cartes postales sont restées sur la table, comme ces longs cris sans haine, ressemblant aux remorqueurs - c'est là que j'ai écrit APRIL IN PARIS, après une dérive au Père-Lachaise... un flot de poussière d'acier et d'oxyde de carbone avalait le paysage, les micros-mécaniques de la nuit gémissaient... les ailes géantes de la pollution, faites d'ombre, de néant et de maladie, bourdonnaient.

J'ouvre le journal... fait-divers... ce matin un jeune homme s'est donné la mort... d'après ses proches il avait lu dans trop de livres : « À quoi ça sert de vivre ? » - l'immense vague d'amertume a eu raison de lui - l'outrage coule dans les veines déchirées des désespérés - je pense aux allergies de d.a. levy, de Lee Crabtree, de J.-P. Duprey, d'Adamov - et les hélices du rire se fanent dans les hautes herbes... le froid noir n'a pas de visage.

Tous morts, en torchade, au milieu des fleurs d'acier et des griffes, sur les champs de bataille, sous les déchets de la mosaïque vivante - j'ai vu la foudre nettoyer les terrains vagues, et la brise nocturne transporter les parfums des fleurs et de barbecue... les lumières de la ville dansaient dans le lointain, les feux de l'azur étaient portés par les vagues.

Aujourd'hui l'électricité dénoue les silences de la sierra. Des mouettes planent au-dessus d'une immense tache d'huile. Un chien jaune, galeux, renverse une poubelle métallique. Le terrain de golf est jonché de papiers gras, de boîtes de bière vides, de vieux journaux - les banlieues lépreuses dévorent ce qui reste, peu à peu les grands espaces disparaissent - les ordures nucléaires et les gaz empoisonnés sont dispersés au hasard... un grand éclair blanc effacera cette colossale médiocrité.

À la nuit tombée, une poussière phosphorescente danse devant nos yeux, balles traçantes de la colère voyageant dans les étoiles - Nous savons pas mal de choses sur l'espace, nous devons le conquérir maintenant - Nous avons absorbé les mots qui nous aident à vivre, nous les avons rejetés, et ils viennent mourir avec les vagues sur le sable de Wild Cat Creek... les enfants illettrés sautent de planète en planète... sur Terre dix milliards de crustacés retardés s'écoutent parler, se surveillent jour et nuit d'un bout à l'autre du monde... Les satellites de communication et les ordinateurs scellent le pouvoir des images télévisées... Dieu, astronaute anonyme, rit dans sa barbe... Rumeurs de guerre civile, propagandes, peste, le tumulte des discours et les vociférations sont couverts par la chanson des télex, des radars, des sonars, des telstars et des caméras-lasers - J'entends les hurlements des manifestants bien ancrés dans la médiocrité, piégés dans leurs scaphandres de peau, intoxiqués par les idéologies du passé - Opération HOLOGRAPHIE - Survivront-ils ? Par quoi remplacerons-nous ?... Les voleurs de temps et la famine menacent les trois-quarts de la planète... C'est simple, tout est produit et empaqueté, hot and cool, soft and hard - c'est comme ça, c'est possible entre ce qui est et ce qui devrait être - le bazar idéologique se dissout dans les chiottes du drugstore du ciel - de nouvelles technologies nous imposent de nouvelles guerres et un nouveau style de vie. Nous sommes prêts - CHANGER OU DISPARAÎTRE, déclencher, provoquer, partir ou vaporiser de la merde de poulet dans les coulisses de l'univers... Je manque de m'évanouir chaque fois que j'entends parler de « révolution sexuelle », branlette dans la poussière d'étoile... un rayon gamma flotte près de la fenêtre - un cri de guerre ultraviolet s'échappe d'un nuage radioactif et efface le bleu du ciel - Nous nous attirons les pires ennemis - mirages génétiques - Le film s'emballe, entraînant les rues, les foules baveuses, stupéfaites, les banlieues, les continents perdus - Les survivants se cachent dans les égouts, les intellectuels se branlent dans les cimetières et dans les morgues, en fait, nous sommes à la merci de ceux qui disent : Comme le temps passe...

Claude P. Washburn
Rainbow Studio, Silver Island,California
September 1977, Stokowski and Robert Lowell are dead.

Note : Un ami nous informe qu'on trouve ces jours-ci "Indigo Express" de Claude Pélieu chez le soldeur "Mona Lisait".

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posted by Lucien Suel at 08:41 2 comments

mardi 14 mars 2006

Claude Pélieu 1977 (2)

Photo de Claude Pélieu par Mary Beach (1980)





J'AI PASSÉ
PAR LÀ
POUR VENIR ICI (2)



La nuit américaine chante - il pleut sur les livres de compte de Donald Duck - il pleut sur les bruits de l'ombre.

Il pleut sur les paumés entassés dans les rues nègres - des êtres infects maculent les affiches du silence - il y a toujours un malentendu, nous sommes là, cueillant les fruits pourris de la vieille culture, en liberté plus que surveillée... mouillant jusqu'à l'aube pour un p'tit bout d'poème, pour un p'tit coin d'paradis, une chansonnette... nos doigts se désintègrent sur les tables d'écoute, avec les silhouettes scandaleuses et les tubes trop connus... Alors, le grand éclair blanc, en direct d'Alamo - la grande, joyeuse et juteuse boucherie raciale - tout ceci peut paraître lointain, flou, dingue... Gigue dans la fosse aux visions... nous sommes au bout de la nuit, relisant la ballade des pendus de Sékou Touré... les spécialistes de la barre de fer vous souhaitent la bienvenue avec les gouines rouges... Pour Frank-la-Banane tout allait bien, il fredonnait « Hare Krishna » en épinglant son étoile jaune au revers de son poncho, son journal de bord était la fin de l'histoire.

Le monde est à feu et à sang, les super-puissances se livrent une lutte d'influence sans merci. Tout le reste est dérisoire. Ce sera eux ou nous. Il n'y a pas de compromis possible avec les Forces du Mal. Voilà ce que je pense aujourd'hui - nous ne sommes là pour personne, si vous approchez les gros revolvers rouges et les fusils à canons sciés aboient... Ils persistent à jouer le jeu, ils savent très bien qu'il n'y aura pas de révolution, ils se prennent au jeu, à l'unisson - marche-arrière dans le tunnel du temps - ils lisent le guide du Bricoleur dans l'hypermarché freudien - voici les éléments du dialogue... les guérilleros belges et suisses ont le goût des révélations... il n'y aura pas beaucoup de survivants - en ce temps-là nous nous posions des questions : Est-ce que les américains vont provoquer une énorme catastrophe avec leurs déficits ? Est-ce que les êtres supranormaux vont éliminer les assassins paranoïaques ? Est-ce que les robots vont massacrer les irrationnels ? Est-ce que les nains et les vilains de l'espace vont être mis hors d'état de nuire par les guides du temps ?... Un psychodrame fait de ragots et de bégaiements... Nous allons vous expulser dans le magma de permutations historiques... D'ailleurs il n'y a plus d'actualité... ne restent que les traces fulgurantes d'une super-production hollywoodienne... la seule machine à rêver... Programmés il y a longtemps les clodos de la nouvelle gauche sèment la dysenterie dans cette galaxie... des gens sans passé, sans avenir, sans durée, coincés entre ces millénaires d'images - Les astronautes sont revenus, un cancer triste tatoue le paysage et ravage le journal électrique de Times square, les cavaliers de l'Apocalypse chantent, braillent des obscénités... Qui êtes-vous dans ce mur de représailles ?

L'hébétude des derniers blancs se superpose sur ceux qui ont encore une couleur, un fond de teint, et que la déraison alimente - la direction, la trajectoire, les chiottes !... les gouines rouges, les SS en jupons, les travelos, les fonctionnaires tarés et les professeurs défilent dans les rues vides - une race de blattes athlétiques émerge du bouillon de culture - la famille nucléaire biologique tire un coup à blanc dans la pastèque de l'Oncle Tom... L'Oncle Sam se paluche devant l'écran de télé tuberculeuse, le cul dans un baquet de tripes - les anges occidentaux s'accouplent aux tartares communistes et à quatre pattes bouffent leurs excréments - le nègre de service sifflote St Louis Blues et bafouille devant l'ampleur du génocide - Chiens et rats marchent dans vos rêves, vous êtes là, dans ce monde ou dans l'autre, pour le meilleur et pour le pire - Jim Lafleur, Beef Puke Charlie et Johnny Pissoff improvisent dans la jungle de bandes dessinées.

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posted by Lucien Suel at 18:05 1 comments

lundi 13 mars 2006

Claude Pélieu 1977 (1)

Nous publions en trois livraisons un texte de Claude Pélieu écrit en 1977, publié en 1981 dans un n° hors-série de la revue « The Starscrewer ». Ce texte a été réédité en 1996, dans l’ouvrage «bEt vous aurez raison d’avoir tortb».
(Photo de Claude Pélieu en 1976 par Jean-Louis Brau)

J'AI PASSÉ PAR LÀ POUR VENIR ICI (1)
Amphétamine Cow-Boy en direct de la rue Sans Nom... Londres, 1971, série noire surréaliste dans le ghetto des mots et des idées... ombres grasses au-dessus des banlieues lépreuses... 1971, vous vous souvenez de ces photos - vous étiez scandalisés, émus, indifférents - vous n'étiez pas des barbares, comme ces jeunes soldats, comme Charles Manson - vos idées étaient bien à vous, donc vagues... et je disais qu'il n'y aurait jamais assez de violence, je n'aime pas la violence... Depuis j'ai brûlé ce que j'aimais, et j'aime ce que j'ai brûlé. Tout au long de la route, encore une fois, je vous raconte, vite, en gris, en noir, en couleur, comme ça, à l'emporte-mot, avec ma bombe tue-temps, mon herbe bleue, et tout - moi aussi je me suis trompé, je comptais intercepter quelque chose, le réel-surréel, quelque chose saisi au vol, en plein ciel, en chute libre, en haute mer, n'importe où - Prose-poursuite dans les rues du monde, karaté mental... pirouettes ! merveilles ! fêtes ! magie noire et blanche ! festivals de vie !.. je me souviens des mômes-pivoines et de leurs jeans tachés de foutre, des anges de l'enfer, des filles-fleurs aux yeux de ciel, tous défoncés, planants, comme on disait en ce temps-là... Bien sûr il y a eu des hauts et des bas, des conséquences, des effets désastreux, des accidents, et des rumeurs...

« De nos jours, fiston, il faut faire vite », avait coutume de dire Jimmy Cul-de-Poisson, appuyant sur l'accélérateur, feuilletant distraitement son dictionnaire surréaliste, avec quelle grâce !... toujours sur le ballast !... Je comptais établir cette carte du cerveau, à travers une chaîne ininterrompue de poèmes, de cantos, de scripts, de collages, de bribes, de photos, de films, d'enregistrements, d'informations, et de visions, vite, brutalement, avec arrogance... Images uniques jaillissant de la nuit américaine, images sans cesse décodées, effacées, images-actions de l'absence, de la colère, de l'exil, de l'oubli, de la mort sans phrase, et surtout les images de la vie qui murmuraient gravement : CHANGER OU DISPARAÎTRE.

Tous morts, avec les dopogrammes et les spermogrammes, coincés entre les télex et les ordinateurs - vision totale entre les branches du Mythe - vision de tous les êtres crus, branchés, de toute évidence, d'un bout du monde à l'autre, représentant toute la science-fiction aux limites du rêve et de l'action... Choses vagues imitant les positions tantriques des êtres jetés les uns contre les autres, dans la plus complète indifférence... ces êtres défigurés par la politique, atomisés par le militantisme le plus débile, vendus et achetés, mutilés et torturés, gazés, napalmisés, cons et sales... Et puis quoi ? Tout ce sang, toutes ces dérives, n'est-ce pas peu de chose ? Si nous tenons compte de... De quoi ?... L'écume des jours s'excuse, les ombres frangées de l'histoire, cradingues, dociles, dialectiques, abouliques, surbranlées... alors on raconte, on se répète, en gris, en noir, en couleur, la sono trépigne entre les doigts du passager de pluie, nous sommes dans l'espace - bandes pré-enregistrées sur le rail hallucinatoire...

1971, je me souviens... Londres roupillait, Paris était un charnier d'idées, ici plus rien n'existait, plus rien ne pouvait durer - tous morts - par centaines ils sont tombés dans le trou du souffleur, techniquement morts, vous comprenez ?...
Ils ont bonne mine les sociologues, les analystes, les militants, les journalistes, et tous ceux qui découvrirent l'Amérique - de quoi parlent-ils terrés dans leurs bunkers universitaires ou dans leurs crèches sauvages, leurs gros culs dans la choucroute ? De quelle société ? De quels nègres ? De quelle contre-culture ? De quels mouvements de libération ?... exotisme, parano... certains évoquent encore ces petits équipages subversifs, intensément cultivés, traversant l'Atlantique, quinze ou vingt ans après, avec Nikons et mini-cassettes atteignant la côte West avec Hertz et quelques gauchistes hébétés... « Marx et le p'tit Jésus bouddhique vous saluent bien », disait Jimmy Cul-de-Poisson... Mon Dieu ! Mystiques de prisunic et rabbins chétifs !... Plus de mystère, plus de féerie, rien ni personne - seule survit la bonne grosse connerie militante, et les mauvaises odeurs de la nouvelle gauche... mousse verdâtre phosphorescente dans les yeux bigles de l'interlocuteur.

2ème partie à lire ici.
3ème et dernière partie ici.

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vendredi 10 mars 2006

Un poème d'Edward Thomas (1878-1917)

Les grandes orties.
Les grandes orties recouvrent, comme elles l'ont toujours fait
Ces derniers printemps, la herse rouillée, la charrue
Depuis longtemps hors d'usage, et le rouleau de pierre :
Seule la souche d'orme dépasse encore les orties.

C'est dans la cour de la ferme mon coin préféré :
Autant que n'importe quelle floraison éblouie
J'aime cette poudre sur les orties, toujours présente
Sauf à révéler la douceur d'une averse.
Edward Thomas
traduit de l'anglais par Lucien Suel

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mercredi 8 mars 2006

Lettres de l’asile

J'ai connu Mauricette Beaussart lorsqu'elle faisait partie de la rédaction de la revue Le Dépli Amoureux. Elle y a tenu d’octobre 1987 à juin 1988 une rubrique littéraire et musicale intitulée « Vapeurs ».
Une sévère dépression l’obligea à abandonner tout travail littéraire et à l’automne 1988, elle fut internée à l'Hôpital Psychiatrique de Saint-Venant (Pas-de-Calais). Cet établissement se trouve à quelques kilomètres de chez moi. Naturellement, je pensai rendre visite régulièrement à mon amie. Le docteur Hanique, son médecin à l'hôpital me reçut. L'état de Mauricette Beaussart lui interdisait toute visite, mais le docteur Hanique me conseilla de lui écrire régulièrement. Ce que je fis.
Je lui donnais des nouvelles de nos amis communs et l'entretenais des nouveautés dans le domaine de la production poétique et des musiques marginales. Après une douzaine de lettres laissées sans réponse (mais le docteur Hanique insista pour que je continue), le contact fut établi en février 1989.
L'échange dura un peu moins d'un an au cours duquel Mauricette Beaussart m'écrivit dix lettres.
Dans la nuit du 31 décembre 1989 au 1er janvier 1990, elle s'enfuit de l'hôpital.
Puis le silence, jusqu’en juillet 2005 et la création du blog Etoile Point Etoile.
Les 10 lettres de Mauricette Beaussart furent éditées à Lyon sous le titre « Lettres de l’asile » en juin 1991 par Christophe Petchanatz aux « Editions de Garenne » (une édition « pirate » en fut faite par Philippe Morice à Nantes). Une nouvelle édition définitive fut réalisée en 1995 à l’enseigne de la Station Underground d’Emerveillement Littéraire. L’ouvrage est aujourd’hui épuisé. Les 10 lettres de Mauricette Beaussart ont été republiées dans leur intégralité au sein de « Cadavre Grand m’a raconté, anthologie de la poésie des fous et des crétins dans le nord de la France ».
A noter aussi que dans le roman de Yannick Bourg « Les potes de la perception », paru en 1997, dans la collection « Le Poulpe » (n° 49), le héros lit « Les Lettres de l’asile » et de nombreuses citations tirées des lettres de Mauricette apparaissent dans le cours du roman.

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lundi 6 mars 2006

Ivar Ch'Vavar (Lettre circulaire)

Ce samedi 11 mars 2006, à 17h, Ivar Ch’Vavar sera présent dans les locaux de la Librairie Privat (ex Brunet) à Arras pour y présenter sa fabuleuse Anthologie de la poésie des fous et des crétins dans le Nord de la France, Cadavre Grand m’a raconté, un volume fleuve de 360 pages grand format, avec les notices biographiques et de larges extraits des œuvres de 75 auteurs tous originaires de la Grande Picardie Mentale.[1]
A l’occasion de la venue d’Ivar Ch’Vavar à Arras nous reproduisons ci-dessous la Lettre-Circulaire qu’il envoya en novembre 2005 à ses amis.



LETTRE CIRCULAIRE D'IVAR CH'VAVAR À SES AMIS, POUR LEUR APPRENDRE POURQUOI L'ANTHOLOGIE «aCADAVRE GRAND M'A RACONTÉ » A BIEN FAILLI NE PAS PARAÎTRE...

On sait maintenant pourquoi la commission du CNL a refusé d'aider l'éditeur de Cadavre grand m'a raconté à publier ce livre (rappelons que les refus sont rares quand il s'agit de livres de poésie). Claire Ceira, ma voisine (même rue — à trois cents bons mètres quand même!) et collaboratrice pour la revue "L'Enfance", a trouvé qui était membre de cette commission au moment du refus. Elle a contacté sur internet[2]une des personnes concernées, dont je ne veux pas donner le nom et que nous appellerons ici Gérard-Paul Untel, qui lui répond : «Vous savez, Claire Ceira, les choses sont moins simples que votre (louable) défense du travail de votre voisin le laisse croire.
« Membre de la Commission du CNL qui a refusé d'aider son livre, je suis en même temps rédacteur en chef de
[un site internet] qui a publié un autre article de Quintane pour défendre le livre en question ! [De fait, Nathalie Quintane est intervenue deux fois sur internet pour vanter Cadavre grand.][3]
«Je suis pourtant solidaire de la décision dans la mesure où le rapporteur nous avait fait part de textes très misogynes dont le second degré semblait assez peu marqué, [c'est moi qui souligne.]
«Majoritairement poètes mais aussi parfois libraires ou issus d'autres métiers du livre, nous sommes TOUS et avant tout des lecteurs passionnés ; et nous nous efforçons d'être justes et responsables, cela signifie que nous refusons d'aider, dans une période politique délicate, ceux qui ont choisi, selon la belle expression de mon ami [un poète assez connu, que nous appellerons Jacky Duteurtre], "de jouer l'aggravation".»
Évidemment ridicule : (Qui va lire ce livre ? — Quelle importance qu'il y ait dans un ouvrage réservé à un si petit public, et si particulier, des relents de ceci ou cela ? Ces Messieurs se la jouent un peu beaucoup : «nous nous efforçons d'être justes et responsables», laissez-moi rire ! Une miette de pouvoir, et comme on se prend au sérieux ! C'est vrai qu'on un rôle essentiel à mener : «dans une période politique délicate», imaginez, quelles responsabilités énormes pèsent sur nos épaules ! Justes et responsables, donc, « cela signifie que nous refusons d'aider, dans une période politique délicate, ceux qui ont choisi, selon la belle expression de mon ami [Jacky Duteurtre], "de jouer l'aggravation".»
Oui, il y aurait de quoi rire. On a froid dans le dos, pourtant : parce que, dans des périodes politiques moins... "délicates", disons, il se pourrait bien qu'on retrouve les mêmes personnes "justes et responsables" du bon côté du manche — à force de s'être refusées à "jouer l'aggravation"...
Notre amie Claire pousse un peu Gérard-Paul, qui précise, dans un message ultérieur : «Attention au fait que l'on peut très bien admettre l'existence de textes tout à fait 'incorrects" en arts mais ne pas pouvoir les cautionner dans une instance dispensant des fonds publics...»
À quoi Claire rétorque : «je crois que je serais presque d'accord si l'édition poétique n'était pas actuellement ce qu'elle est : publier une œuvre de cette taille sans l'aide des fonds publics n'est absolument pas viable financièrement. Qui s'y risquera encore longtemps si le côté "incorrect" est sanctionné par un refus ?»
Ce point est à relever : la commission a vu la maquette de ce livre, 362 pages, et savait que Le corridor bleu était une toute petite structure éditoriale (trois bénévoles sans le sou). Posons simplement la question : refuser la subvention à un si petit éditeur et pour un si gros livre, est-ce que ça ne revient pas à censurer ? Refuser l'aide, c'était condamner l'ouvrage à ne jamais paraître, il faut bien prendre conscience de cela.
— Il a paru, malgré tout. Je veux ici rendre hommage à Charles-Mézence Briseul, du Corridor bleu, qui s'est acharné et a fait les sacrifices nécessaires pour que ce livre existe. De grands sacrifices, en énergie, en temps, en argent.
Claire Ceira a pris la peine de répondre longuement à Gérard-Paul, évoquant en particulier la question de la catharsis... C'est fort intéressant, comme vous pourrez vous en convaincre sur le site "Pleutil?", à la rubrique "Échos".
Je la remercie d'autant plus d'être intervenue que moi, le principal auteur de Cadavre grand, je ne peux rien dire, je ne veux rien dire, je ne dois rien dire... c'est plutôt que je n'ai rien à dire — à ces gens. Quelle langue commune parlerais-je avec eux, cons qu'ils sont au point de trouver ce livre misogyne ! Je ne leur reproche certes pas d'être cons, je le suis moi-même... mais que cette connerie soit militante et "responsable", voilà ce qui me révolte, et m'effraie.
Je m'adresse seulement à vous, mes amis et camarades, parce que vous devez être informés.
Claire Ceira rappelle qu'il y a chez les fous, souvent, une obsession misogyne... J'ajouterai que dans mon œuvre, je reprends et pousse à bout plusieurs thèmes de la littérature picarde traditionnelle : thème de l'idiot (le cul-terreux indécrottable), thème scatologique, thème de la misogynie... Alors forcément : dans une anthologie de textes écrits (ou censés l'être) par des fous et crétins de la Grande Picardie Mentale... il faut qu'il y ait du relent ! — Je m'étonne même que ces Messieurs de la Commission n'aient pas relevé les passages où se manifestent des sympathies maréchalistes, voire nazies ! Ils crèvent pourtant les yeux ! Peut-être ont-ils trouvé que le "second degré", là, était plus "marqué" ?
II y a de quoi rire, sans doute. Gaffe quand même, chers amis, quand la Bienpensance est dotée par l'État — qui n'est pas si bête ! — des moyens nécessaires pour faire son boulot de chien de garde...
Cette lettre paraîtra peut-être excessive. Elle n'engage en tout cas que moi. Nullement Nathalie Quintane ou Claire Ceira, qui s'y trouvent citées.
À tous — salut et fraternité !
Amiens, 3 novembre 2005.
Ivar Ch'Vavar
[1] On peut commander cette anthologie directement à l’éditeur Le corridor bleu. Il semble qu’on puisse également la commander sur le site de la Fnac, mais c’est à vérifier.
[2] Cette conversation se trouve ici sur le site Pleutil ?.
[3] L’autre intervention de Nathalie Quintane se trouve ici sur le site Remue.net.
posted by Lucien Suel at 07:33 4 comments

samedi 4 mars 2006

"Homo festivus"

posted by Lucien Suel at 09:47 2 comments

vendredi 3 mars 2006

Ferré Grignard

Ferré Grignard, Captain Disaster, un lointain souvenir de mon adolescence. C'est Mauricette Beaussart qui me l'a fait découvrir. Et récemment, Phil Serra m'a offert le document ci-dessus. On peut lire une biographie de Ferré Grignard sur le site de Muziek Centrum, mais les liens vers les deux chansons ne fonctionnent plus (Hi Lucien, Unfortunately we can't put the sound files online again, I'm sorry to say. best regards,Quinten www.muziekcentrum.be )
Finalement, l'Ibis m'a dégotté "Ring ring, I've got to sing". Il devrait vous être possible de l'écouter pendant quelques jours.

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posted by Lucien Suel at 07:10 4 comments

mercredi 1 mars 2006

Costes Grand Père

Je voulais présenter Grand Père, le roman de Jean-Louis Costes, lu la semaine dernière, mais Philippe Billé m’a battu de vitesse en publiant dans son « Journal documentaire » une bonne critique de l’ouvrage, à sa manière inimitable, ordonnée et synthétique agrémentée d’une larme d’humour. Comme je partage son point de vue sur le roman, je vous renvoie à son blog[1]. Je renvoie aussi à l’entretien sensible et intelligent que Costes a donné à Sandrine M. sur le blog de « Contrechamp », entretien accompagné par les belles et sobres photographies de Moland Fengkov.
Bref, je n’ai plus grand chose à dire concernant Grand Père. Alors il m’est venu l’idée d’ouvrir ce carton à chaussures dans lequel depuis le début des années 80, je conserve toutes les cassettes audio à l’emballage un peu bizarroïde, celles qui ne rentrent pas dans les casiers. Et j’en ai extrait « La Millième Cassette Gratuite-», une de celles que Costes distribuait dans les rues de Paris, un peu à la façon dont avant la Première Guerre Mondiale, Arthur Cravan distribuait sa revue « Maintenant ».
J’ai réécouté cette cassette (durée 10 minutes, une seule face enregistrée) et en fin de compte, je suis retombé sur Grand Père dans les trois morceaux. Le premier s’intitule « L’enfer des Musiciens », le second « Bricolo, c’est la bataille ! » avec une histoire de singes morts importés du Tchad par avion et dans lequel on entend cette phrase : « Un ouistiti pour un kopeck ! » qui m’a à la fois ramené en Guyane sur les traces de Grand Père Bagnard et en Russie sur les traces de Grand Père Cosaque. Quand au dernier morceau, il s’achève sur ce constat post-nietzschéen : «-L’art est mort. »
L’art est mort, mais Costes est vivant. J’ai suivi, d’assez loin, je l’avoue, ses expériences perforgasmicocoprophiliques et d’un peu plus près, ses démêlés avec les gardiens de l’ordre moderne. J’ai pourtant participé avec deux de mes dessins au n° 5 de sa revue «aLa vache bigarrée », une revue pleine de poils, imprimée en couleurs baveuses à partir de stencils à alcool, quelque chose qui défiait l’esthétique et le bon goût, une revue sur laquelle les bonnes âmes du Comité National des Lettres n’auraient même pas risqué un œil crevé.[2] Costes a cette qualité d’être resté franc et indépendant. Il est impossible de l’imaginer montant un dossier de demande de subvention.
Et voilà qu’il est édité chez Fayard ! C’est qu’il a du talent et qu’à la fin des fins, après qu’il ait lui-même appris et progressé, il s’est trouvé un éditeur pour penser qu’un public plus large pouvait découvrir ses écrits à défaut de son anatomie.
J’ajouterai quand même quelques notes personnelles concernant le roman dont il est question. Quand j’en ai commencé la lecture, dans ma tête, en haut à droite a clignoté le mot mo mo Moravagine et puis à gauche lui a répondu un néon hon hon Onze mille verges. Mais ce que je lisais était plus délirant que Moravagine et moins drôle que Les onze mille verges. Et puis petit à petit, au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture, les lumières ont clignoté de moins en moins et puis se sont éteintes, et je me suis retrouvé plongé dans L’Imitation de Grand Père par Jean-Louis Costes[3]. Je comptais les moujiks assassinés, je voyais couler le sang des anarchistes de Cronstadt, je regardais passer les wagons de Tchétchènes déportés. Je galopais avec la Makhnovtchina.
Ensuite, à Paris, cela aurait pu être La Gana[4] mais Grand Père hurlait : « Ta ma daga ! » A un autre moment, je descendais le fleuve Amour et puis d’un coup, ça se réchauffait et j’étais sur l’Orénoque entouré d’anacondas ta ma daga. Et bizarrement, c’était dans la forêt vierge que je prenais connaissance de la culpabilité évacuée en vain, du péché originel sous-jacent, qui transperçait de part en part, de peau en peau les testicules (Costes utilise le mot couilles, mais j’ai toujours eu des difficultés à employer ce genre de terme dans l’écriture), les testicules, disais-je, des ancêtres, encastrées les unes dans les autres comme des poupées... russes. Le pogrom original dont les ancêtres arméniens de Costes furent les victimes était déjà niché dans le bas-ventre de Caïn. La solidarité du mal s’étend d’âge en âge. Le pogromé devient pogromeur et ainsi de suite dans l’inversion assumée du mystère de la Rédemption. A la fin du roman, après toutes ces aventures exotiques, le vieux bagnard, abruti par la télévision et le pinard, brûle dans l’incendie de sa chambre et le narrateur à genoux dans les cendres fumantes, devant l’œil de verre, unique relique, prie avec ferveur le Grand Père qui est en lui. Amen. [5]

Post scriptum : Je n’ai pas évoqué l’écriture de Costes pleine de flamboyances et de grossièretés. Ce qui touche le plus, c’est la poésie rythmée qui en émane avec de nombreux passages qui sonnent...

[1] Voilà une des possibilités intéressantes de notre support virtuel.
[2] De toutes façons, à cette époque, l’Etat n’était pas encore devenu le mécène de la poésie.
[3] Le titre auquel vous avez échappé : Le Papi d’Arménie, roman «acostique ».
[4] La Gana, roman de Jean Douassot (Fred Deux) publié par Maurice Nadeau.
[5] Désolé d’avoir dévoilé la fin !

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posted by Lucien Suel at 07:49 4 comments