mardi 31 janvier 2006

Mary Beach & Claude Pélieu (1/2)


Chez Mary Beach et Claude Pélieu en 1972, dans la campagne anglaise ; une conversation recueillie par Jacqueline Starer sous le titre « Beatology and other things », et publiée en 1976 dans le n° 9 de la revue Soft Need (Pociao / Expanded Media Editions).
Texte inédit en français, traduction de Lucien Suel (janvier 2006).

CLAUDE : Comment j’ai fait connaissance avec les auteurs beat ? C’est très simple. Quand je suis revenu d’Algérie, je me suis retrouvé dans le Mondo Cane, le Mondo Bizarro de Jean-Jacques Lebel... Après, ça a été les USA, San Francisco. J’en avais une vision fantasmée, mais en réalité, c’était très douloureux. Et avant ça, il y a eu l’héroïne. En 1961-62, j’ai passé un an à l’hôpital pour me sortir de la drogue ; un toubib m’en a tiré, et Mary aussi. J’ai rencontré William Burroughs en 1968 après avoir correspondu avec lui pendant 6 ans. Avant ça, je peignais à Paris – dans le studio de Fernand Léger. J’avais épousé une superbe pute. J’ai essayé d’obtenir le divorce pendant 12 ans. Quand j’étais peintre, j’étais très jeune, un vrai trou du cul. Je n’écrivais pas du tout. Mes premiers essais d’écriture, ça a été pour les Lettristes, c’était assez dingue. J’ai envoyé mes trucs à Aragon. C’était ma période communiste. Je suis rentré d’Algérie en 1959-60. J’ai travaillé pendant un an, éducateur, avec des jeunes délinquants. Ils m’ont bien stimulé. Je n’étais pas à la hauteur. Le problème, c’est que je leur enseignais la délinquance, des actes anti-sociaux. Puis je me suis marié avec Nina, cette superbe pute ; je l’ai présentée à Mary ; ce sont de grandes copines.
A la même époque, j’ai rencontré Trocchi. Ferlinghetti et Ginsberg m’ont invité à San Francisco en 1962. On a commencé à avoir des ouvertures. Le seul avec qui j’avais eu un vrai contact avant de le rencontrer en chair et en os, c’était William Burroughs ; et Brion Gysin et Jeff Nuttall et Carl Weissner et Nanos Valaoritis. William et moi, on est plus que des amis. On mange ensemble une fois par semaine. On se soûle ensemble. Il aime beaucoup Mary. L’amitié ? A part Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, Bob Kaufman, la plus forte est avec Burroughs. Il n’y a rien de littéraire dans tout ça. Pareil avec Jimi Hendrix et Janis Joplin. Ça a été terrible quand on est arrivé à Londres en 70. On avait arrangé un rendez-vous avec Burroughs. Hendrix est mort trois ou quatre jours avant notre arrivée ; après, Joplin ; Jim Morrison est mort. Et pratiquement à la même époque, Adamov et Neal Cassady et Jack Kerouac, et Jimi et Janis.

MARY : Nous avons rencontré Carl Solomon au printemps 66. A cause de Howl, nous savions qu’il était quelqu’un d’extraordinaire, et il avait aussi écrit la préface à la première édition de Junkie ; 9 ans d’exil, 5 ans de traitement aux électro-chocs. Il est passé par l’enfer. C’est un colosse, un type violent. Maintenant, il est devenu un grand ours qui ne ferait de mal à personne. Toute la matière qui est dans Howl, c’est Carl qui l’a racontée à Ginsberg, modestement, en toute confiance. Allen a tout utilisé, il a tout répété. Si Carl Solomon n’avait pas été hospitalisé, Allen Ginsberg n’aurait jamais pu écrire Howl. Maintenant Carl vend des bouquins au terminal de bus de Port Authority, le Book Bar, au coin de la 8ème Avenue et de la 42ème Rue.
En 1965 chez City Lights, j’ai demandé à Ferlinghetti : Comment ça se fait qu’il n’y ait rien d’autre de Kaufman en cours d’édition ? Il m’a répondu qu’il avait trouvé par hasard des papiers au fond d’un tiroir dans un bel attaché-case en cuir. Il ne les avait pas publiés. Claude et moi, on a dû le pousser pour qu’il le fasse. En fin de compte, il a sorti un petit livre de 81 pages. C’était Sardine dorée.

CLAUDE : Quelques mois avant, j’avais reçu une lettre de Bob Kaufman. Quand il est sorti de l’hôpital, il est allé chez City Lights pour demander 20 dollars ; on lui a répondu que c’était lui qui leur devait 300 dollars pour les 4 dernières années.

MARY : Bob Kaufman, Kerouac et Carl Solomon n’ont pas trahi leur idéal. Les autres, si.

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dimanche 29 janvier 2006

Carnet noir encore : Alex Snouffer St Clair

The Times
January 18, 2006
Alex St Clair : September 14, 1941 - January 5, 2006

Influential guitarist and founding member of Captain Beefheart's Magic Band.
ALEX ST CLAIR was responsible for bringing the voice of Captain Beefheart to the world.
In early 1965 St Clair invited him to sing with his band at a Californian college. Beefheart, who had never performed in public, went on to become one of the most extraordinary and influential figures in alternative rock.

La suite ici.

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vendredi 27 janvier 2006

Mary Beach-Pélieu (1919-2006)

Voici le message que je viens de recevoir d'Alain Jégou :

"Cher Lucien,
Coup de fil des USA ce matin.
Mary est morte la nuit dernière à l'hosto de Cooperstown.
Méchant blues dans le coeur !
Amitié.
Alain."


Mary Beach, poète, traductrice, éditeur et peintre était l'épouse de Claude Pélieu (1934-2002).
Silo reviendra sur le travail et l'oeuvre de ce couple extraordinaire qui a largement contribué à l'introduction en France des livres de William Burroughs et des autres poètes de la Beat Generation.

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Le Mastaba d’Augustin Lesage (extrait/excerpt))

Le Mastaba d’Augustin Lesage (extrait)
Lucien Suel
le premier du canton décore ses roues de vélo avec les
fleurs des troènes la roue libre grésille dans la voie
descendante Norrent-Fontes Lillers Béthune une séreuse
couronne de croûte encercle ma rotule le guéris-tout a
ramolli le maculage à l'eau bouillie ça coule et c'est
bleu
ça coule
et c'est
bleu
ça coule
et c'est
bleu
la dalle du cimetière se
fend dans l'affaissement
dévalant la vallée noire
délavant l'arène minière
le carreau des reines la
vallée des rois à pleine
bouche avalant la cendre
la poussière les poumons
tapissés de poudre râpée
bouche avalant la poudre poudre avalant la bouche
les poumons la poussière la poussière les poumons
tapissée de cendre râpée tapissés de cendre râpée
cendres lavant la bouche bouche avalant la cendre
tapissée de poudre râpée les poussières des tapis
les poussières le poumon en poudre dans le poumon
sac d'os à l'fosse
ça bosse ça fauche
à l'fosse sac d'os
ça fauche ça bosse
je m'défausse l'os
j'désosse la veine
c'est l'manillon à
pique la manille à
coeur l'valet dans
l'fond dans l'trou
silicose ça fauche
les sous la bourse
le sang la mélasse
le grisou pour les
sous éclat dessous
je suis le fou que
je suis le fou fou
au bord du trou du
temps frère du gaz
..................
..................
..................


Excerpt from Augustin Lesage's Mastaba
by Lucien Suel (Translation : Tom Winter)

the first one in the canton is doing up the wheels of his bike with privet
free wheel crackles on the way down Norrent-Fontes Lillers Bethune
a serous scab crust crowns my knee-cap
the local quack softened the spot with boiled water it flows and it's
blue
it flows
and it's
blue
it flows
and it's
blue

cemetery ledgerstone crackin'
in the sag-slide
down the black valley-side
washin' out the pit pale field
o' the queens
the valley o' the kings mouth full
'n gulpin' ash
the dust the lungs 're lined
with gritty cinders
mouth swallo's powder powder swallo's mouth
lungs dust dust lungs 're
lined wi' gritty cinders lined wi' gritty cinders
ashes glob in gob gob gobbles ashes
lined wi' powdered ash dusts of ashen carpets
the dusts the lung in powder in the lung

bag o' bones in th' hole
it slaves y'away 'n mows ya down
in th' hole bag o' bones
it mows ya down it slaves y'away
I throw out me bones
an' I debone the vein
it's the ace of pique
the tether of hearts
the jack at the bottom o' th' hole
silicosis it mows ya down
the bloody low down pennies
in the purse
a bloody fix
it's fire-damp for
pennies an'shatter down there
I'm th' fool th't
I'm th' fool fool
on the edge o' th' hole of
time brother of gas
..................
..................

Post scriptum : une étrangeté trouvée sur le WWW.

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mercredi 25 janvier 2006

Augustin Lesage (1876-1954)

Augustin Lesage
(1876, Saint-Pierre-les-Auchel - 1954, Burbure)

Dès l'âge de 14 ans, il est ouvrier mineur. En 1911, alors qu'il travaille seul dans une étroite galerie au fond de la mine, il reçoit une étrange révélation : « Un jour, tu seras peintre ». L'année suivante, il découvre l'existence du spiritisme. Cela lui donne l'occasion de manifester des dons de médium. Les esprits lui enjoignent de peindre. Il se laisse guider, lui qui n'a jamais manifesté la moindre disposition pour cet art. Il peint dès qu'il a du temps libre. En 1923, atteint d'emphysème, il quitte la mine. Les cercles spirites l'aident à se faire connaître. A partir de 1926, l'Égypte sera un des thèmes essentiels de ses toiles dans de grandes compositions symboliques à base de dessins géométriques, d'architectures prismatiques, de symétries et de cristallisations. En 1928, il est admis au Salon des Artistes français. Dans les années 30, il expose un peu partout en Europe et en Afrique du Nord, peignant même en public. C'est en 1939 qu'il voyage pour la première fois en Egypte. Il visite la vallée des Reines. Il retrouvera là des images analogues à celles qu'il peint d'après ses guides spirituels. Augustin Lesage meurt en 1954 après avoir peint près de 800 tableaux.




Bibliographie
L'Art Brut (chapitre 3), par M. Thévoz, Skira éd., Genève, 1975.
Augustin Lesage, par A. Notter et D. Deroeux, P. Sers éd., Paris 1988 (ouvrage édité à l'occasion de la rétrospective Augustin Lesage à Arras et Béthune en 1988)
Le Mastaba d'Augustin Lesage, par Lucien Suel, un ensemble poétique publié pour la première fois dans la revue L'Invention de la Picardie (n° 6), à Amiens, en 1989.

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lundi 23 janvier 2006

Un autre poème de Charles Bukowski

Un autre poème de Charles Bukowski

bob dylan

ces deux jeunes
dans l'impasse en face de chez moi
ils passent Bob Dylan
jour et nuit
sur leur stéréo

ils montent le son de leur stéréo
au maximum
et c'est une très bonne
stéréo

tout le voisinage
entend Bob Dylan
gratuitement

et c’est moi qui l’entends le plus
gratuitement de tous
parce que j'habite dans l’impasse
juste en face de chez eux

j'entends Dylan quand je chie
j'entends Dylan quand je baise
et même quand j’essaie de m’endormir

quelquefois je les vois
dehors sur le trottoir
très jeunes bien soignés
quand ils sortent pour aller s’acheter
de la bouffe
et du papier hygiénique

ils forment un des couples
les plus charmants
du voisinage.

Charles Bukowski
Traduction : L. Suel

Ce poème a paru en 1978 dans le n° 8 de la revue « The Starscrewer ».

Rareté : anciens numéros en vente ici.

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vendredi 20 janvier 2006

Amougies (bonus)


L'affiche annonçant le festival dans la région parisienne.
Il aura finalement lieu au Mont de l'Enclus, commune d'Amougies, à quelques kilomètres de Tournai.

Tout au long du festival, Frank Zappa est intervenu avec sa guitare au milieu des autres musiciens, aussi bien dans les concerts de rock que dans les concerts de free-jazz. On le voit ici participant à un morceau du Pink Floyd.
Discussion de fans à propos de cette participation vue à travers Music Power, le film de Jérôme Laperrousaz sur le festival d'Amougies.
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mercredi 18 janvier 2006

Amouji / Amougies

Happy Birthday, Captain !
Don Van Vliet, a. k. a. Captain Beefheart, vient d’avoir 65 ans. A cette occasion, nous publions ce récit à propos du festival d’Amougies (1969). Ce texte a été écrit en 2000 en picard qui n’est pas la langue la plus utilisée dans la blogosphère. Nous le faisons suivre de sa traduction en français.



Amouji

(dukjavu Kaptenn-Bifartt)

dédikaçé a C. Edziré Déquesnes

Amouji, okonéchépon, chétin-tchiovilach in-Beljik, ponforlon d'Tourné.
Içapaçéla kitkos dpon ordinerr, iadja lontindcha, takavir, chéto in 1969, o mitan tchékan é tchépatur, omomin-tchékourjour.
Ia ula inmaousfestival edmuzik, katjour-edlon, katnwioci, gramindgroup, gramindjin, pop, rok, épi fridjass, toucha indzou dingran chapito, kofé par dékubulo-agazwal, épi delkaleurumenn.
Normalmin, chfestivalla yérodusfer in-Franss, aszalintour ed-Pari, mé ach mominla, elpé-i yéto komindé pa dzatardé, kizavott eltroul ed chéjon-n, épidleumuzik.
Ozalé mdir, kché korparel asteur, méadon, chéto graminpir.
Métoudi-kmi, chamarinjo, javapukerdalé in-Beljik ka-Pari.
Dechtinla, javokor ennviel-depat, enn depatakapott.
Jemrapelkor dechnuméro : 4844 FK 62.
Jlavoker emm depatt, javomem été in-Turki-aveuk, Istanboul, Izmir, émem pulonkcha.
Méjenn supon ichi pourdvizé dmin vo-iash in-Turki, arvénon a Amouji, sikonvoulé.
Lpremiéjourdechfestival, ja parti aveukminkomarat Léon, invré içaplo pon Léon, sin nonchéto Pierr, mékomm cin-nondfamil chéto Morin, nouzott inlaplo toudi Léon.
Lpremié swar d'Amouji, chéto touchénouviogroup pop-fransé.
Jennsupon sur demm raplé dtouchénon, surtoukejna pongardé eszafish, ekdin mézarshif jnapu kinmorciodprogramm, amitandékiré.
Koa kiavo ? Iavo : Mouving-Jélatinn-Plétz, épi Blossom-Toss, pi Amm Son, ékor chl'Indesskriptip-Kao-Ranpan.
Mé cha kshétovrémin nouvio-pouszorel, chéto l'fridjass, déjin komm Seni-Muré, Archi-Chep, Donn-Tchéri (li iémor asteur).
Iavo kor chl'Art-Inçimp-ed-Chikago, Djoakimm-Kunn, épikor Antoni-Brakstonn, Kéness-Téroad, éjeunn noubli surmin.
Vlatoudi, kankchel premierr nwi alatéfinitt, Léon-pimi in a rvénudormir a-Lil, dinsskamp-alrézidinch.
Omatinjmadi kjalo artourné a Berguett, pour mikerr min jon-nfrerr Joël, jéto sur kcha alo liplerr.
Ejna profité pourmi printt em tentt, épi mkapott in piodmouton, kjavo akaté a Kouchadaçi, o parfon del Turki.
Arvénu a Amouji, poul deuziemm jour, in amonté noutentt akoté dechgranchapito.
Éyaravo dzott konçer, del popmuzik, cha, inn-navo gramin : Tenn-Ieur-Zafteur, Kolo-Séom, aveuk Dik-Estal-Smit, Karavann, Iéss, Istofideun, aveuk Def-Arbuss, chtikiavo inkapio nwar, ékijuo duviolon.
Iavo oci korinko, du fridjass.
Chass suivo komcha : komkiavo de-çenn, adon, chéto in ko del pop, in ko du fridjass.
Jem rapelratoudi chl'Art-Inçimp-ed-Chikago, ak Jozef-Jarmann, kiafé sinstriptiss alafin dsinspektak ; iavofok esguitarsurli, chéto ennguitar blank.
Echswarla, in navu oci Pink-Floït, chéto lpremiéko kijuott such kontinin.
Akech'Léon épi min frerr, in sza akouté, ralonjé din nou sakettkouchash.
Miiiar détoupp ! A kchéto bio ! astronomi-dominé, e-soceurfoul-ofcikwets, toudébiomorcio, kin-nalo artrouvé din chlalbomm ou-ma gouma.
Finalmin, enn sapon servi dchell tentt, in navopukerr resté indzou dech chapito, parel ek kazitertouss.
A forsh dett matt, in navo fini parsinbronké, é chech bateur dché Préti-Singz kinouza révéyé.
Amitan indormi, ja intindu krié : "Guéteup ! Guéteup ! Guéteup ! Guéteup !"
Ibuko in memmtan, suss sinbal, komm sikchasro enncastrol.
Li, inndormopon ! Yamem monté ach pilonn, toudi in bra-yan. I féjo in rafu edchinmildjapp.
Pialfin, iavnuabou dferselvé gramindjin.
Épivla kché Préti-Singz, izonpujué, ékomcha onz-za akouté.
Méam mott, kché lderniéjour kchakorété lpubio.
In néto açiparterr din nou sak, iavo dejon-n Zinglé just akoté dnou.
In nadvizé intchokouaveuk.
Idmindott sike ch'Kaptenn-Bifartt yalo jué echkochi.
I zavott princhbatcho just pourelvir, li.
Mijakashé din min programm, sikiy-yéto, méjamé javo intindu parlé dechtomm la.
Piak Léon, insadi, didju, sikion vnutsilon espré pour li, chekcha dou ett kitkoss !
In navo djavu, épi intindu, dzaffer pon ordinerr, komm ché Naïss.
Falo vir Kess-Émersonn chinchonné snork. Ilsoulvo, pi illécho arkerr, échaféjo insakré potin. In npeupon dir kirespekto sninstrumin.
Iavo uoçi Soft-Machinn, épi Gong aveuk Daniel-Lalou écin tanbour, é Davidalenn, kijuo del guitar, ingratan chékortt ak inkoutcho.
Épikor, touch'fridjass sovash.
Étoucha, chéto prézinté par Frank-Zapa, in gran teskogrif, inchirégann.
Liiféjo lbeu aek tertouss.
Justemin, ia oci jué ak ch'Kaptenn-Bifartt.
Ach mominla, jenn savo pon kiss konéchott, ki zavott été alékol insonn.
Adon, justemin, chéto vnu ltour ach fameu Kaptenn ed jué smuzik.
Jmami aroutt, ammraproché delsenn.
Pour cha, jadupaçé padzeur toucheula, matuzé, kidormetteparterr, dinleu sakettcouchash.
Jma rtrouvé tou just a droitt delsenn, al mem plash ekjavo ravizé Davidalenn, ak Gong.
Cha iié ! Zé vla ! Irintt sulsenn, ch'Kaptenn-Bifartt, ak sin Madjik-Bentt.
Iadkwaett sézi : ia ch'Maskara-Snek, akenn sortt edmaskagass, ak dzabibizar.
Chéto kommdinchlalbomm troutmaskréplika, kja akaté kiktan apré.
Éli, Kaptenn Bifartt, iavo in kapio otform, épienn kapotapan maron, akdé grantt bott incuir.
Dinsmin, iténo in paké-tfeul, ak ché parol.
Izon kminchéajué.
Jnavojamé intindu kitkoss edparel, delforshpur, delpoézi kit kéyo dzeur, komenn aversh aziudvak.
Jelvo-yo, li, aksin paké-tfeul dinsmingosh, itapo sbottaterr, totin dijan sépoem.
Insakré kreu, cha, in peu ldir, enn vwa kalfeujo tran-né lpio dché baff.
É bin mi, ejnin sujamé arvénu.
Kikmo apré, javo réuci a akaté toucédisk.
Jeszakor toudi. Ikrakt tertouss, aforsh deuz zavoir rakouté é rakouté.
Chéto ia trantan dcha, é chafé kmi oci, injour, jamonté sulsenn, kja fé min group.
Asteur, chsé keu ch'Kaptenn, i sa artiré, kivi dinss karavann, o mitan deuch dézer Mojav, in Kaliforni.
Pimemm, la, chsu intchopeu tristt, inbuzian ali, kinmadi kiéto for malatt.
Mé chtomm la, inn peu mi morir.
Smuzik aladoné delvi a sitan djin.
Inn peumi sin nalé.
Li, ié din mtett, i é din mézorel, i é din min vintt.
Chéchachelmuzik !
Chéchachelpoézi !

Lucien Suel
Berguett, avril-mai 2000



Amougies
(où j’ai vu Captain Beefheart)

Amougies, vous ne connaissez sans doute pas.
C’est en Belgique, un petit village, proche de Tournai.
Il s’est passé là un événement inhabituel.
C’était il y a pas mal de temps, voyez-vous, à l’automne 1969, au milieu des champs et des prés.
S’est déroulé là durant quatre jours et quatre nuits, un imposant festival de musique avec un grand nombre de groupes et des spectateurs venus en foule.
Pop, rock et free jazz, le tout sous un énorme chapiteau chauffé par des brûleurs au fuel et de la chaleur humaine.
A l’origine, ce festival devait avoir lieu en France, dans la région parisienne, mais en ce temps-là, le pays était dirigé par des gens rétrogrades qui avaient peur des jeunes et de leur musique.
Vous me direz que les choses n’ont pas changé, mais à cette époque, c’était bien pire.*
Toujours est-il que ce changement de lieu me convenait. Je préférais me rendre en Belgique plutôt qu’à Paris.
A l’époque, je possédais une vieille 2 CV, une 2 CV bâchée.
Je me souviens encore de son numéro d’immatriculation : 4844 FK 62.
Je l’aimais bien, ma 2 CV. Avec elle, j’étais allé en Turquie, Istanbul, Izmir et plus loin encore.
Mais je ne vais pas vous relater mon voyage en Turquie. Revenons à Amougies, si vous le voulez bien.
Pour le premier jour du festival, j’étais parti avec mon ami Léon, qui s’appelle en fait Pierre mais, son nom de famille étant Morin, tout le monde l’appelait Léon.
A Amougies, la première soirée était consacrée aux nouveaux groupes pop français.
Je ne suis pas sûr de me souvenir de tous les noms, n’ayant pas conservé l’affiche du festival. Dans mes archives, ne me reste qu’un fragment déchiré du programme.
Qui était présent ? Moving Gelatine Plates, Blossom Toes, Ame Son, L’Indescriptible Chaos Rampant...
Assurément, ce qui était vraiment nouveau aux oreilles, c’était le free jazz avec des personnalités comme Sunny Murray, Archie Shepp et le regretté Don Cherry.
On découvrait aussi The Art Ensemble of Chicago, Joachim Kühn, Anthony Braxton, Kenneth Terroade et bien d’autres que j’oublie.
A l’issue de cette première nuit, Léon et moi sommes rentrés dormir à Lille dans sa chambre d’étudiant à la résidence universitaire.
Le matin venu, j’ai décidé de rentrer à Berguette pour aller chercher mon frère Joël. J’étais sûr qu’il apprécierait.
J’en ai profité pour emmener une tente et le manteau en peau de mouton que j’avais acheté à Kusadasi, au fin fond de la Turquie.
De retour à Amougies pour la seconde journée, nous avons installé notre tente à proximité du grand chapiteau.
Et les concerts ont repris.
Beaucoup de pop music : Ten Years After, Colosseum (avec Dick Heckstall-Smith), Caravan, Yes, East of Eden (avec Dave Arbus, le violoniste au chapeau noir).
Et encore une fois, du free jazz.
C’était ainsi : comme on avait installé deux scènes, on passait d’un concert pop à un concert free jazz, et ainsi de suite...
Je n’oublierai jamais le concert de l’Art Ensemble de Chicago, avec le strip-tease de Joseph Jarman terminant le spectacle, uniquement « revêtu » de sa guitare blanche.
C’est ce soir-là que nous avons vu Pink Floyd dont c’était le premier concert sur le continent.
Avec Léon et mon frère, nous les avons écoutés, allongés dans nos sacs de couchage.
C’était extraordinaire ! Sublime ! Astronomy Domine, A Saucerful of secrets, des morceaux magnifiques que nous allions retrouver plus tard sur l’album Ummagumma.
En fin de compte, nous n’avons pas utilisé la tente. Nous avons préféré rester comme pratiquement tout le monde, sous le chapiteau.
A la longue, la fatigue nous a gagnés et on s’est endormis.
C’est le batteur des Pretty Things qui nous a réveillés.
Dans mon sommeil, j’entendais crier : « Get up ! Get up ! Get up ! Get up ! »
En même temps, il frappait sa cymbale, à l’instar d’une casserole.
Ah, il ne dormait pas, lui ! Toujours hurlant, il a escaladé un pylône. Il produisait un vacarme incroyable.
Finalement, il a réussi à faire se lever un maximum de gens.
Et les Pretty Things ont pu commencer leur concert, avec des auditeurs !
Selon moi, c’est la dernière journée qui fut la plus réussie.
Nous étions assis sur le sol dans nos sacs de couchage près de deux jeunes Anglais.
Nous avons bavardé un peu avec eux.
Ils nous ont demandé si Captain Beefheart était bien programmé pour ce jour-là.
Ils avaient fait la traversée uniquement pour lui.
J’ai vérifié dans mon programme. Je n’avais jamais entendu parler de ce personnage.
On s’est simplement dit, Léon et moi, qu’à venir de si loin uniquement pour le voir, il fallait que ce soit quelque chose d’étonnant.
Nous avions déjà vu, et entendu des choses exceptionnelles, Nice notamment.
Imaginez Keith Emerson maltraitant son orgue, le soulevant et le laissant retomber de tout son poids dans un bruit effroyable. Ah, on ne pouvait pas dire qu’il respectait son instrument !
On avait aussi vu Soft Machine, et Gong avec Daniel Lalou et son tambour, et David Allen qui grattait les cordes de sa guitare avec un couteau !
Et aussi, tout ce free jazz sauvage !
Et le tout présenté par Frank Zappa, grand escogriffe revêtu d’un ciré jaune, et qui faisait le bœuf avec tous les musiciens.
Et ce soir-là justement, il a joué avec Captain Beefheart.
A ce moment, j’ignorais qu’ils se connaissaient, qu’ils étaient allés en classe ensemble.
Enfin, le voici ! Le fameux capitaine va nous présenter sa musique.
Je me suis levé pour me rapprocher de la scène.
Il me fallait enjamber tous les spectateurs épuisés, endormis sur le sol dans leurs sacs de couchage.
Je me suis installé à droite de la scène, juste à l’endroit d’où j’avais écouté et observé David Allen avec Gong.
Voilà ! Ils arrivent. Ils entrent en scène, Captain Beefheart et son Magic Band.
Une vision saisissante : voici le Mascara Snake affublé d’une sorte de masque à gaz et portant d’étranges vêtements.
Tout juste comme sur la pochette de l’album Trout Mask Replica que je me suis procuré peu de temps après.
Et lui, Captain Beefheart avec son chapeau haut-de-forme, sa redingote marron et ses longues bottes de cuir, tenant à la main une liasse de feuilles, les paroles des chansons.
Ils commencent à jouer.
Je n’ai jamais rien entendu de pareil, une force pure, la poésie qui vous tombe dessus, comme une averse d’orage.
Je le vois, sa liasse de feuilles dans la main gauche, marquant de sa botte le rythme tout en déclamant ses poèmes.
Une voix d’une puissance incroyable, qui fait trembler la peau des haut-parleurs.
En tous les cas, j’en suis encore ébahi.
Quelques mois plus tard, j’avais réussi à me procurer tous ses disques.
Je les ai toujours. Ils craquent tous à force d’avoir été écoutés et réécoutés.
C’était il y a une trentaine d’années. C’est à cause de ça qu’un jour, moi aussi, je suis monté sur une scène, avec mon groupe.
Aujourd’hui, je sais que le Capitaine s’est retiré, qu’il vit dans une caravane, au milieu du désert de Mojave, en Californie.
De fait, d’ailleurs, je suis un peu triste en pensant à lui. On m’a dit qu’il était très malade.
Mais cet homme-là ne peut pas mourir.
Sa musique a donné tant de vie à tant de monde.
Il ne peut pas nous quitter.
Il est dans ma tête, il est dans mes oreilles, il est dans mon ventre.
C’est ça, la musique !
C’est ça, la poésie !


Lucien Suel
Berguette, avril-mai 2000
(traduit du picard par l’auteur en mai 2005)

* Cette assertion est discutable, notamment dans la mesure où, de nos jours, il existe des « musiques de jeunes » obligatoires (cf Fête de la Musique, techno-parade, ...). Note de l’auteur, mai 2005.

Le texte original a été publié dans la revue Ffwl.
L’ensemble a paru pour la première fois sur le blog « Terrains vagues ».

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mardi 17 janvier 2006

Silo (21) Michael Connelly

Il passa devant une raffinerie de sucre ; une ligne tracée au sommet d'un énorme silo indiquait le niveau de la mer. p 225
Michael Connelly, La glace noire, Editions du Seuil, 1995.

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samedi 14 janvier 2006

Visions d'un jardin ordinaire (la capucine...)

Photo Josiane Suel
La capucine allonge le bras au-dessus de l’eau. Elle veut danser, danser avec sa sœur noire, dans le soleil. La nuit seule interrompt la danse, la danse de la capucine. Les ombres et les reflets se sont cachés dans la boue du bassin, noyés dans la vase avec les carpes et les tanches, celles qui dansent bouche ouverte, avec les vers. Quand le soleil brillera, la capucine aura grandi. Long bras, de nouveau allongé, ombre caresse à la surface de l’eau. La capucine vit un seul été, un seul amour, un seul été. Elle danse. Elle grandit. Elle embrasse toute la surface de l’eau. Elle touche son ombre. Elle touche le fond. Un jour, les tanches l’effleurent du dos et du museau. La capucine danse, danse encore avec les poissons. Elle danse, danse au fond de l’eau, jusqu’à ce que la glace, mais ce n’est plus un reflet, la glace la serre très fort, la glace lui coupe les bras, l’envoie rejoindre son ombre.
Lucien Suel
"Visions d'un jardin ordinaire" a été publié en juin 2000 aux éditions du Marais du Livre.
19 photographies, 19 poèmes.

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vendredi 13 janvier 2006

Silo (20) Jean Cau

Nouveaux barbares, des jeunes peuvent saccager des bancs et des pupitres d'université, mais ils n'approcheront pas des silos de fusées, et les aristocrates de la terreur ne laisseront pas les barbares de la contre-culture casser les ordinateurs. (...) Certes, on peut rêver : tous les silos détruits, tous les cadrans brisés. pp 35 & 36
Jean Cau, Les écuries de l'Occident, La Table Ronde, 1973.

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jeudi 12 janvier 2006

Bestiaire : Bonus

En bonus et pour mettre un point final au bestiaire à deux têtes, une image des auteurs (W.B. & L. S.) en plein travail dans un pub de Swansea.

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mercredi 11 janvier 2006

Bestiaire : comptine du loup-garou / Loup-Garou (10/10)


comptine du loup-garou
Loup-Garou
loup-garou
au poil roux
mon gros loup
ton poil pousse
fat, dusty wolf / in your scary coat / red and hairy
loup-garou
du bayou
gros matou
dans la boue
loup-garou du bayou / or just an old tom / in the mud
loup-garou
bouffe-caillou
hou hou hou
mange-hibou
loup-garou / you gravel cruncher / jeez ! you make me so mad /
hoo ! hoo ! hoo ! / quit eating them owls too
loup-garou
tout partout
gros toutou
en ragoût
loup-garou / spraying around the place /
stupid mutt / in the stew again, eh !
loup-garou
brise-tout
brûle-tout
mange-tout
loup-garou / quit busting things /
quit setting fires / quit eating everything in sight
loup-garou
passe partout
touche-à-tout
peek a boo
loup-garou ‘s got a clue though / got the pass key /
he’ll show you around / trouble is it’ll be your things too / peek a boo !
loup-garou
tout ton saôul
fais des trous
dans le mou
loup-garou / always a binge with you /
poking holes or knocking lights out
loup-garou
t'es tabou
marabout
tu t'en fous
loup-garou / it’s taboo /
quit it, would you ?
Lucien Suel (trad. W. Brown)

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mardi 10 janvier 2006

Bestiaire : Le macareux / The puffin (9/10)

Le macareux
The puffin
Petit moine,
trottine dans le couloir du cloître.
Tu marmonnes dans ton bec la prière du macareux :
donne-nous le crustacé quotidien.
Little monk,
pacing up and down your cloister,
mumbling your puffin prayers :
Give us this day our daily crustacean.
Moinillon moineau en habit de pingouin,
ignorant de ton destin, macareux moine,
mange-poisson dans l'éternité, qui te mangera ?
Qui imposera le silence au macareux ?
Qui te changera, macareux, en macchabée ?
Quo vadis, little bird
All done-up like a penguin ?
Fish-eater through all eternity,
Who will impose your vow of silence ?
Who will finally eat you ?
Who will call to you, Macchabeus ?
Gravure & Traduction : William Brown
Poème : Lucien Suel

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lundi 9 janvier 2006

Bestiaire : L'ours / Bear (8/10)

L’ours
Bear
Ours blanc dans la neige
sous l'ourse noire des étoiles.
Ours polaire comme l'étoile,
tu portes le soleil sous ta fourrure blanche.
Polar, in the snow
Black she-bear beneath the stars,
Your bear the sun on your coat.
Ourse noire du ciel blanc,
grande ourse, tu les vois,
qui happent les phoques,
viande pour leur soleil.
Black bear in a white sky,
You see them,
Snapping at seals,
Meat of their own suns.
Phoques !
Phoques !
Phoques !
Seals !
Seals !
Seals !
Les ours bipolaires se gavent de jus.
Crammed with the juices of Polar worlds.
Gravure : William Brown
Poème : Lucien Suel

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vendredi 6 janvier 2006

Bestiaire : Complainte du pain perdu / Lost Bread Poem (7/10)


complainte du pain perdu
lost bread / stale bread / eggy bread
dans la forêt / à la maraude / Petit Poucet / one for the road
in the forest / Tom thumb / helps himself / to one for the road
le pain perdu / le père du pain / peine perdue / peine du père
the lost bread / father of the bread / waste of time / a father’s sorrow

Tekakwitha / des Iroquois / tu me dis quoi / au fond des bois
Tekakwitha / of the Iroquois / tell me what’s happening / deep in the woods
le pain perdu / le père du pain / peine perdue / peine du père
the lost bread / father of the bread / waste of time / a father’s sorrow

Chaperon Rouge / rue Sainte-Catherine /
mange ta tartine / au bord elle bouge
Little Red Riding Hood / in Rue Saint- Catherine /
eat your bread and butter / keep well in
le pain perdu / le père du pain / peine perdue / peine du père
the lost bread / father of the bread / waste of time / a father’s sorrow

chape de laine / imperméable / sirop d'érable / pour l'indigène
fleecy crumbs / down your rain coat / maple syrup / for the locals
le pain perdu / le père du pain / peine perdue / peine du père
the lost bread / father of the bread / waste of time / a father’s sorrow

le pain rompu / une omelette / dans une assiette / ciboire tordu
broken bread / an omelette / on a plate / a twisted salver
le pain perdu / le père du pain / peine perdue / peine du père
the lost bread / father of the bread / waste of time / a father’s sorrow

Pointe-au-Barril / du sang dans l'air / calvaire de terre / ainsi-soit-il
Pointe-au-Barril / blood in the air / calvary of earth / so be it : amen
le pain perdu / le père du pain / peine perdue / peine du père
the lost bread / father of the bread / waste of time / a father’s sorrow

hostie de neige / frappe la foudre / le sucre en poudre / se désagrège
host of snow / clap of thunder / the icing sugar / crumbles to nothing
le pain perdu / le père du pain / peine perdue / peine du père
the lost bread / father of the bread / waste of time / a father’s sorrow
Poème de Lucien Suel
Gravure sur bois de William Brown
Trad. W. Brown

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jeudi 5 janvier 2006

Bestiaire : Comptine du chameau / Camel Poem (6/10)

comptine du chameau
camel poem
beau chameau
dans ton zoo
tout là-haut
fais l'gros dos
you’re a handsome camel
in your zoo
everything going for you
show us your wonderful hump
beau chameau
H2O
c'est de l'eau
bois pas trop
fine looking camel
H2O
that’s heavy water, by the way
go easy on that stuff
beau chameau
les ballots
les marmots
sur ton dos
handsome camel
the bundles
the kids
on your back
beau chameau
Morocco
sirocco
grand vaisseau
handsome camel
Morocco sirocco
the desert winds
you’re a big jug
beau chameau
dans ton zoo
au repos
bosse pas trop
fine and handsome
in your zoo
take it easy, eh
don’t knock yourself out
beau chameau
sable chaud
sur la peau
les barreaux
you beautiful dreamer
press your hide
against the bars
like hot sands
beau chameau
dans ton zoo
tout là-haut
fais dodo
lovely camel
in the zoo
it’s all behind you now
sleep as best you can
Gravure & traduction : W. Brown
Poème : L. Suel

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mardi 3 janvier 2006

Bestiaire : Comptine de l'orignal et du cheval / Horse and Moose Poem (5/10)


Comptine de l'orignal et du cheval (joual)
Horse and Moose Poem
ô l'orignal
du boréal
cheval dada
du Canada
hey moose
out of the north
is Dada horse
from Canada
ô l'orignal
de Montréal
et les chevaux
de l'Ontario
hey moose
from Montreal
and the horses
of Ontario
cerf orignal
basque et cheval
de bois dur dur
sous les ramures
dear (deer) moose
hanging around
tough guy horse
hiding in the bushes
hé l'orignal
neige fondue
toi le cheval
oreilles touffues
hey the moose
melted snow
you horse
bushy ears
le grand cheval
original
originel
Pégase naturel
great horse
you’re a one
an original
a regular Pegasus
hue hue joual
papa Tzara
sur son cheval
cosaque dada
phoney to you, pony
Tzara Daddy-O
a Dada Cossack
on a hobby-horse
un orignal
des orignaux
le joual (cheval)
joue aux chevaux
a moose
mooses
the joual (horse)*
plays horses
tire ton traîneau
bouche de chameau
stoppe au signal
fils d'orignal
pull your sled
camel-face
and stop at the lights
you son of a moose
* joual=horse, Montreal dialect
William Brown : Gravure sur bois et traduction
Poème de Lucien Suel

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lundi 2 janvier 2006

Bestiaire : Club de rencontres / Lonely Hearts (4/10)


Club de rencontres
Lonely Hearts
Jeune hippocampe, souhaite connaître le Paradis avec un cheval terrestre.
Rendez-vous sur une plage en automne pour idylle amphibie et chevauchée fantastique.
Adresse au journal sous le pseudo Petite Sirène.
Young Sea Horse, looking to find paradise with like-minded Earthy Horse.
Rendez-vous on the beach for amphibious romps.
- Little Siren c/o Daily News
Gravure de William Brown
Texte de Lucien Suel

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